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13 févr. 2017

Le tri sélectif

Tout bon déchet a la fin qui lui convient !
Tri et recyclage des déchets sont devenus des enjeux contemporains savamment réglementés, impliquant chacun à toutes les échelles : citoyen, employé, société, on a tous en nous quelque chose de sélectif !

Une histoire qui ne date pas d’hier

Savez-vous que tri sélectif existe en fait depuis 130 ans ? Il est de notoriété publique que le banal mot poubelle est un héritage éponyme du préfet de la Seine ayant instauré dès 1884 l’obligation d’en utiliser. A l’époque, la chose était juste décrite comme un récipient muni d’un couvercle et d’une capacité de 120 litres pour y déposer les ordures.

En revanche, on se souvient moins que ce même préfet avait aussi inventé la collecte sélective. En effet d’autres récipients spéciaux et différenciés étaient prévus pour recueillir ce qui n’avait pas le droit d’accompagner les ordures communes. Il fallait alors placer à part les débris de vaisselle, verre, poterie... et jusqu’aux coquilles d’huîtres ! Toutefois, ce règlement fut peu respecté et, jusqu’à une date relativement récente en France, il ne subsista qu’une seule poubelle pour collecter tous les déchets sans distinction.

Aujourd’hui, les mentalités ont bien évolué et le tri fait désormais partie de notre quotidien. Cependant, un paradoxe étant toujours intéressant à soulever, il faut savoir que le poids des ordures a été multiplié par 2 en moins de 40 ans et ne cesse de s’accroître. En résumé on trie mieux, mais on jette plus !

Une réglementation devenue inévitable

Ce paradoxe alimente constamment la réflexion sur le recyclage qui est devenu un enjeu de taille, sinon une obligation réglementaire en constante évolution. Ainsi la loi Grenelle 2 de 2010, portant engagement national sur l’environnement, visait fortement la réduction de la production de déchets, avec des objectifs de prévention, de recyclage et de valorisation. Par exemple, les restaurateurs produisant au moins 20 tonnes de biodéchets par an avaient l’obligation de procéder à leur tri sélectif et leur recyclage.

Or depuis le 1er janvier 2016, cette mesure s’applique dès 10 tonnes (soit environ 200 à 240 couverts par jour) et les contrevenants s’exposent à des amendes salées ! Depuis le printemps 2016 également, les entreprises doivent organiser le tri à la source et la collecte séparément des autres déchets pour permettre leur valorisation, s’ils ne sont pas traités sur place. De nouvelles obligations concernent le tri des « cinq matériaux » (métaux, plastiques, céramiques, organiques et composites) et des papiers de bureau dans les entreprises et les administrations de plus de 100 personnes. Ce chiffre descend à 50 personnes au 1er janvier 2017, puis à 20 personnes au 1er janvier 2018.

Prise de conscience ou crise de conscience ?

N’oublions pas que chacun de nous est concerné à titre individuel. En pratiquant le tri sélectif qui permet de recycler certains matériaux et de limiter ainsi la combustion ou l’enfouissage des autres, les citoyens agissent sur l’espace public, la bonne gestion de la collectivité et la préservation environnementale. Même si les consignes de tri changeant d’une ville ou d’un pays à l’autre entraînent parfois des confusions, il n’en reste pas moins que le principe est maintenant acquis : trier, c’est prendre conscience que l’objet qu’on jette ne s’évanouit pas simplement parce qu’on n’en a plus l’utilité. Certes cela demande un peu de rigueur et de patience. Le meilleur moment pour s’y mettre pour de bon ? La semaine européenne de réduction des déchets, qui se tient chaque automne sous l’égide de l’ADEME. Le concept est basé sur la prévention et le recyclage, sachant que le meilleur déchet est encore celui qu’on ne produit pas !

En France le recyclage est devenu un enjeu de taille, sinon une obligation réglementaire, comme en atteste la loi Grenelle 2.